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LE POINT DE VUE DU COLLECTIONNEUR
Revue parcours

L’Afrique noire est une vaste étendue subsaharienne aux paysages diversifiés et étonnants, où l’on ne compte pas moins de mille ethnies différentes. Avant la colonisation européenne et les nombreuses conversions aux religions chrétienne et musulmane, les africains pratiquaient largement une religion animiste. Leur animisme se définit comme la croyance en l’existence d’un principe immatériel, d’une âme qui réside dans tous les êtres et toutes les choses visibles et invisibles. La religion animiste considère le monde comme une vaste arène spirituelle dans laquelle des forces surnaturelles sont en constante interaction. Elle ne conçoit pas de séparation entre le sacré et le profane, le matériel et le spirituel.

La société africaine en était alors une de tradition orale,n’utilisant pas l’écriture, et l’absence de celle-ci ne relevait pas d’un manque de culture, mais plutôt d’un choix délibéré de la part des sages longuement initiés à garder les mythes vivants, et à éviter le dogme immuable. Un proverbe africain dit que « lorsqu’un vieux mourait,une bibliothèque brûlait ». Dans ce contexte, la sculpture africaine assumait le relais de la parole des sages, une parole devenue forme.

C’est dans ce cadre que pour rendre les forces surnaturelles favorables, les masques et statuettes étaient sculptés par des artisans restés anonymes, choisis parce qu’on les croyait détenteurs de pouvoirs magiques. Pour l’artisan africain, l’objet sculpté devait avant tout être rituellement efficace, la « beauté » n’étant qu’un attribut parmi ceux qui en assureraient la puissance d’action.

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